Martin Graff: Hommage an einen Grand Monsieur

Accroche tes racines au ciel
Et grimpe sur les étoiles
Hänge deine Wurzeln an die Luft
Und klettere auf die Sterne

(…)

Tu découvriras enfin, au-delà des frontières
D’autres pays d’autres cœurs
Erst dann blickst du über die Grenzen
Ins andere Land, ins andere Herz,
Tu découvriras enfin, au-delà des frontières
Ton propre pays, ton propre coeur
Erst dann  blickst du über die Grenzen
Ins eigene Land, ins eigene Herz.

Martin Graff, Die Luftwurzel, erste Strophe

Ev. Stiftskirche St. Arnual, Saarbrücken

Martin, der / le Gedankenschmuggler, ist Anfang August im Alter von 77 Jahren unerwartet gestorben.
Sein Gedicht „Die Luftwurzel“ ist in nahezu hundert Sprachen übertragen worden.

Dans les semaines à venir, on va publier des présentations et des essais de Martin, qui a soutenu mes publications, études et les activités de regiofactum depuis des années.

Martin hat die Arbeit von regiofactum bis heute unterstützt.
C’est ma mère, qui a découvert un de ses articles brillants dans la Badische Zeitung en 2006. Sie meinte: „Du musst unbedingt Kontakt mit ihm aufnehmen“. Elle avait raison.

In den kommenden Wochen werdet ihr auf dem Blog Reden und Texte von Martin finden.

On lui doit bien cela et ça permettrait aussi à ceux qui ne l’ont pas connu de le découvrir,
sagt Lisette aus Grosbliederstroff. Und fügt hinzu: Pour moi, Martin Graff exprimait exactement ce que je ressens si souvent.
Il savait se moquer comme personne avec sensibilité, dérision et beaucoup d’humour des travers de notre singulière biculturalité.

Danke für alles / Merci Martin

 

 

Vies à vies

Wunschdenken

In der Großregion gibt es so viele Schriftsteller, Künstler, Kulturschaffende.
Man sollte ihnen grössere Beachtung schenken, denn die Großregion wird in diesen verschiedenen Quellen lebendig.

Dans la Grande-région, il y a tellement d’écrivains, d’artistes, de créateurs culturels. Il faudrait leur accorder une plus grande attention, car le cœur de la Grande région doit battre et vivre grâce aux différents „flux“.

Künstlerische Installation und Fotografie von Monika Hau, Saarland

Es gäbe Arbeit für alle, aber man muss mit der Sprache und den Sitten der Nachbarn vertraut sein. Lothringen liegt wie das Saarland im Mittelpunkt des „Achsenkreuzes“ zwischen Straßburg und Brüssel, Berlin und Paris, und ist schon aus geographischer Sicht europabewusst.

Il y aurait du travail pour tout le monde, à condition toutefois de se familiariser avec la langue (et aussi les mœurs) des voisins. La Lorraine, comme la Sarre, est au centre du „carrefour des axes“ entre Strasbourg et Bruxelles, Berlin et Paris, elle est « consciente de l’Europe » déjà d’un point de vue géographique.

Péniche, künstlerische Installation von Valérie Hendrich, fotografiert von Christine Benoît, Moselle

Die Mobilität spielt für den Austausch eine grosse Rolle, dazu gehört der Ausbau des Verkehrsnetzes bzw. des öffentlichen Nahverkehrs. Denn Ausflüge in die grenzübergreifende Region sind „lebenswichtig“. Nur so erfährt man die kulturelle Vielfalt, entwickelt ein Zusammengehörigkeitsgefühl. Leider lernen immer weniger junge Franzosen Deutsch.

La „mobilité“ joue un grand rôle pour les échanges, ce qui implique le développement du réseau de transport ou des transports en commun.
Il est pourtant important de connaître la base historique culturelle et la diversité afin de développer un sentiment d’appartenance. Malheureusement, de moins en moins de jeunes Français apprennent l’allemand.

Diese Gegend hat im Laufe der Geschichte immer eine wichtige Rolle gespielt, sie hat viele Invasionen erlebt, aber von hier gingen auch zahlreiche kulturelle Impulse aus. Germanische und romanische Einflüsse überlagern sich, auch die Sprachgrenze zwischen späterem Deutsch und Französisch.

Cette région a toujours joué un rôle important au cours de l’histoire, elle a connu de nombreuses invasions, mais c’est aussi de là que sont parties de nombreuses impulsions culturelles. Les influences germaniques et romanes s’y superposent, de même que la frontière linguistique entre ce qui deviendra plus tard l’allemand et le français.

Charlemagne/Karl der Große, Cathédrale Saint-Étienne/Stephansdom, Metz, fotografiert von Christine Benoît

Vielleicht auch wegen seiner Grenzlage – oder besser der Lage „dazwischen“ – war Lothringen immer eine Hochburg des französischen Patriotismus. Jeanne d’Arc ist hier geboren, die Schlachtfelder von Verdun sind nationale Gedenkstätten, das Lothringerkreuz wurde zum Symbol des freien Frankreichs gemacht.

Peut-être aussi en raison de sa situation frontalière – ou plutôt de sa situation „d’entre deux“ – la Lorraine a toujours été un haut lieu du patriotisme français. Jeanne d’Arc y est née, les champs de bataille de Verdun sont des lieux de mémoire nationaux, la croix de Lorraine a été érigée en symbole de la France libre.

Die beiden Weltkriege haben ihre Spuren hinterlassen. Die brutalen Materialschlachten des Ersten Weltkrieges forderten hundertausende von Toten auf beiden Seiten auf den Schlachtfeldern Lothringens. Schüler auf beiden Seiten besuchen heute die Gedenkstätten.

Les deux guerres mondiales ont laissé leurs traces. Les affrontements brutaux menés avec du matériel  lourd lors de la Première Guerre mondiale ont fait des centaines de milliers de morts des deux côtés sur les champs de bataille de Lorraine. Des élèves des deux côtés visitent aujourd’hui les lieux de mémoire.

 

Hauteurs de Spicheren, amerikanischer Schützenpanzer aus dem II. Weltkrieg, im Hintergrund Croix de Souvenir Francais, Fotografie: die arge lola/regiofactum

Historisch betrachtet liegt Lothringen nicht am Rand, sondern in der Mitte.
Aber gefühlt sind es eher Luxemburg und das  Saarland mit Lothringen als direkter Nachbarin im Westen…

Historiquement, la Lorraine n’est pas en marge, mais au centre.
Mais au niveau du ressenti, c’est plutôt le Luxembourg et la Sarre … avec la Lorraine comme voisine directe du côté ouest …

 

So gesehen in Saarbrücken… Fotografie: arge lola/regiofactum

Wir teilen das kulturelle Erbe, Geschichte und Schicksal sind unzertrennlich miteinander verwoben. Das wird besonders deutlich, wenn man sich auf die für alle sichtbaren Spuren der Architektur begibt. Angesichts der Baudenkmäler erkennt man schnell, dass wir eine gemeinsame Vergangenheit haben, die weit über die Zeit der Industrialisierung und von Kohle und Eisen hinausgeht.

Nous partageons le patrimoine culturel, l’histoire et le destin sont inextricablement mêlés, les relations bilatérales sont entretenues. Si l’on part sur les traces de l’architecture et des monuments de la région, on se rend compte que nous avons un passé commun qui va bien au-delà de l’époque de l’industrialisation et du charbon et du fer (l’après charbon).

Eine Vielfalt von Sprachen kennzeichnet die Großregion. Das muss gepflegt und aufrecht erhalten werden. Aber es gab und gibt noch andere Möglichkeiten, die hiesigen Sprachbarrieren zu überwinden, zum Beispiel durch das Savoir-faire von Handwerk und Kunst.

Une diversité de langues caractérise la Grande-région, elle doit être cultivée et maintenue.
Les barrières linguistiques ont été surmontées au fil des siècles grâce au savoir-faire (art, artisanat).

Temple neuf in Metz, so gesehen von Christine  Benoît

Das ewige Problem bleibt die Finanzierung. Man muss viel Eigeninitiative und sehr viel Motivation mitbringen, wenn man in diesem Bereich individuelle Projekte durchführen möchte. Ohne ein eigenes Netzwerk geht es nicht und auch nicht, ohne unzählige Klinken zu putzen.

Le financement est l’éternel problème. Il faut faire preuve de beaucoup d’initiatives. Cela demande une très grande motivation, et il faut créer soi-même un réseau et faire innombrables rencontres, visites pour trouver du soutien.

Kapitel am Bahnhof in Metz / Gare „allemande“, Fotografie die arge lola/regiofactum

Europa legt zwar Wert auf den kulturellen Bereich, aber beschränkt sich darauf, kulturelle Kooperation zwischen den Mitgliedsländern zu ermutigen. Es war schon immer schwierig, aber jetzt sind die Herausforderungen für die Zukunft in Bezug auf die Unterstützung der Zusammenarbeit auf allen Gebieten noch größer geworden.

L’Europe met déjà l’accent sur le domaine culturel, mais se limite à encourager la coopération culturelle entre les pays membres. Cela a toujours été difficile, mais maintenant les défis pour l’avenir en termes de soutien et de promotion de la coopération dans tous les domaines sont devenus encore plus importants.

Dabei ist es wichtig, dass sich die europäische Großregion gegenüber der neuen französischen Region Grand Est behauptet, dass sie über Aktivitäten wie eine Deutsche Woche in Metz, gemeinsame Ausflüge, Veröffentlichungen etc. bekannter wird.

Il est important que la Grande Région européenne s’affirme face au Grand Est, qu’elle soit mieux connue à travers des activités comme la Semaine allemande Metz est wunderbar oubien des excursions, des publications, etc.

Deutsche Woche in Metz, Aktion des Café culturel Vies à Vies mit Martin Graff 2016

2022 besteht beispielsweise die Städtepartnerschaft von Metz mit Trier seit 65 Jahren…
Das wäre doch eine Gelegenheit, die „Grenzbürger“ in Wert zu setzen, nicht nur die „Grenzgänger“, auch wenn das vielleicht zu idealistisch ist !

Porta Nigra, doppelt gesehen, Fotografie: die arge lola/regiofactum

En 2022, le jumelage avec Trèves aura 65 ans… Ce serait l’occasion de valoriser les „citoyens des frontières“, plutôt que les „frontaliers“ !

Großräumig Denken wäre notwendig, auch wenn das vielleicht „Wunschdenken“ ist …

„Penser à grande échelle“ serait nécessaire.

P.S.
En janvier 2022, nous avons visité ensemble les hauteurs de Spicheren, nous nous sommes assises ensemble sur le banc près du char, nous avons marché jusqu’à la Croix de Souvenir et les nombreux petits cimetières d’honneur et monuments funéraires, pour finir en beauté en partageant une part de gâteau à l’auberge Woll avec vue sur le bassin houiller franco-allemand.

Christine, Hauteur de Spicheren, Februar 2022, Blick auf Croix du Souvenir, Mahnung an die Toten aus dem Deutsch-Französischen Krieg und zwei Weltkriegen.

P.S.:
Im Januar 2022 haben wir, Christine und Eva, gemeinsam les Hauteurs de Spicheren / Spicherer Höhen besucht, uns beim Panzer gemeinsam auf die Bank gesetzt, sind zum Croix de Souvenir und den zahlreichen kleinen Ehrenfriedhöfen und Grabmalen gewandert, um zum guten Schluß ein Stück Kuchen im Gasthaus Woll mit Blick auf das deutsch-französische Kohlebecken, le bassin houiller/Saarkohlebecken/Warndt zu teilen.

„Der Woll“

 

 

Das Haus, Markus Ott

„Car la maison est notre coin du monde. Elle est – on l’a souvent dit – notre premier univers. Elle est vraiment notre cosmos. Un cosmos dans toute l’acception du terme.“
Gaston Bachelard, La Poétique de l’espace, 1957


Das Haus am Berg der Familie Ott steht für mich exemplarisch für die Arbeit des Architekten, ein Ort, an dem sich das Leben entfaltet, das der Bewohner, das der Besucher. Immer neu, immer anders agiert das Drinnen mit dem Draußen, ganz so, als wäre die Landschaft das erweiterte Wohnzimmer, als wäre der über die gesamte Länge der Fassade gestreckte Balkon der privilegierte Platz im Theater der Jahreszeiten.

Intimität und Transparenz bedingen einander.

Der Blick wandert nach Südwesten zu dem sanften bewaldeten Höhenzug, der sich vor den Himmel legt und der in das lothringische Departement Moselle hineinreicht. Wir schauen über die deutsch-französische Grenze hinweg, wo das Saarland und die Région Grand Est sich eins sind, das Bassin Houiller zum Saarkohlebecken wird.

Holz, Stahl und Glas sind heimische Baumaterialien, die hier seit Generationen gehoben, erzeugt, verarbeitet und von hier aus in alle Welt exportiert werden.

Vor Ort entwickelt, ist das Haus mit diesen lokalen Materialien geplant und gebaut, seine Bewohner haben es geformt und umkehrt.
Mal wirkt es wie ein auf Stelzen gesetzter Ausguck, der die Schönheit der Landschaft vor Augen führt, mal wie ein Luftschiff, das hier vor Anker gegangen ist.

Von hier aus fliegt die Seele, soweit der Himmel reicht

Man könnte fast meinen, Martin Graff, ein anderer Grenzbürger, habe sich hier zu folgenden Zeilen inspirieren lassen, wenn er schreibt, L’Europe entsteht in den Grenzregionen de l’Esprit comme la Heimat utopique des contrebandiers d’idées, die ihre Wurzeln an die Luft hängen pour mieux voir la terre; und die Künstlerin Katharina Grosse habe ihm beigepflichtet, wenn sie sagt, Grenzgebiete seien Prototypen der Imagination.

Unter dem Titel Fugenbilder, fasst Ulf Meyer in seiner Einführung zum Buch zusammen: In Otts Baukunst entsteht aus zwei Teilen durch Fügung etwas Drittes. Dieses Buch stellt sein Oeuvre erstmalig vor und in den Kontext unserer Zeit. Daran arbeiten zu dürfen, war eine glückliche Fügung.

Mehr sehen / lesen in :
Ulf Meyer, Markus Ott, Konstruktivist, herausgegeben von Marco Kany, Edition Architektur und Kultur, gedruckt im Saarland bei kerndruck in Bexbach, kontakt@edition-ak.de

Das Buch erschien anlässlich des 25 jährigen Jubiläums des Büros Architekt Markus Ott.

What glass gives society

2022 is the UN International Year of Glass, to celebrate the essential role glass has and will continue to have in society.
With its unparalleled versatility and technical capabilities, glass in its many guises has fostered innumerable cultural and scientific advancements…

 

Vase mit Kapuzinerkresse von Désiré Christian, Foto: Marion Chérot, Ausstellung Rendez-vous mit den Nordvogesen, bis 23. Februar 2023, Vortrag von Yvon Fleck am 7.12.2022

Foreword 29.11.

The Year of Glass is almost over, but the word „glass“ stands for a never ending story; places, people, craftsmanship and connections across all kinds of borders. Therefore, this can only be the first Year of Glass, hopefully followed by many others – as the journey of discovery has only just begun.

Most of the photographs in this post were made between 2006 – 2012 in cooperation with die arge lola  within the limits of the Greater Region around Luxemburg.

Großregion in Bildern, regiofactum 2009 Tag der Großregion, Saarbrücken (hier vergrößern)

About ten years later, some of the places we went to, do not exist anymore, others have been dramatically altered, have become lost places adding up to the sad image of a nomansland – instead of promoting another, still existing reality: that of a unique cross-border cultural landscape.

What about the sustainability of all those European, national and regional programs which have been developed for people to share heritage, for cultural participation or planning in rural areas? What about cultural politics in European regions? What remains, when the context, the map, the ground plan… have gone?

Today – 29th of November – is Giving Tuesday, a day of global giving where people across the world come together to support the causes that mean the most to them, to spark a lifelong love of culture and set countless others in motion. (British Library)

May / Make it happen !

Glasbläserin, Cristallerie Saint Louis, Foto: die arge lola/regiofactum

 

Perspectives

Il vaut la peine de découvrir, comment la construction politique de la Grande Région Saarland-Lorraine-Luxembourg-Rhénanie-Palatinat-Wallonie, creuset de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, nous permet de percevoir les liens incontestables entre verriers, idéaux transfrontaliers et l’originalité de leur savoir- faire, qui en font une communauté culturelle de professionnels, cette même communauté culturelle qui, aux yeux de Robert Schuman dans son livre Pour l’Europe (1963), constitue une condition sine qua non à l’épanouissement de l’Europe.

Cristallerie in Lothringen, Foto: die arge lola/regiofactum

Das politische Konstrukt der Großregion Saarland-Lorraine (Grand Est)-Luxemb(o)urg-Rheinland-Pfalz-Wallonie(n) erlaubt es uns heute, die jahrhundertealte und eng miteinander verflochtene Industriekultur nicht nur als ein Alleinstellungsmerkmal, sondern auch als ein gemeinsames Erbe und Teil einer grenzübergreifenden Produkt-, Technik- und Arbeitskultur zu entdecken.

Empfang im Kultusministerium des Saarlandes, ursprünglich Ambassade francaise en Sarre, anlässlich der Kulturhauptstadt Europas, Großregion Saarland-Lothringen-Luxemburg-Rheinland-Pfalz-Wallonien/Capitale culturelle Sarre-Lorraine-Luxembourg-Rheinland-Pfalz-Wallonie, 2007, mit Glas aus der Cristallerie Saint Louis

Dans la Grande Région, la production de verre est le symbole d’une histoire mouvementée: elle fut pionnière de l’industrialisation ainsi que la fierté du monde manufacturier.

„Transparence : l’histoire de la transgression des frontières se lit dans la Butterdose de la Glasfabrik Fenne Glasmuseum im Heimatmuseum im Warndt“, (Martin Graff, aus dem Fotofilm Nous sommes SaarMoselle:Wir sind SaarMoselle)

Die Geschichte der Glasmacher zwischen Rhein und Saar, Mosel und Maas ist eng mit dem wechselvollen Schicksal des „Landes zwischen den Ländern“ verknüpft. Hier arbeiteten zahlreiche Erfinder, Ingenieure, Künstler, Handwerker und Unternehmer Hand in Hand.

Fabrik und Kristallglas, Motiv auf Wunsch der Glasmacher, Foto: die arge lola/regiofactum

Sie entwickelten und vermarkteten ihre Produkte auf der Grundlage einer über Jahrhunderte hinweg grenzübergreifend gewachsenen ökonomischen, sozialen und kulturellen Infrastruktur, gehörten zur großen internationalen Glasmachergemeinde, die sich seit dem 15. Jahrhundert Teile in den Vogesen, dem Warndt, dem Saarkohlewald, dem Hunsrück, den Ardennen, dem Lütticher Land, Namur, Charleroi, dem Hennegau, der Provinz Limburg und dem Rheinland … angesiedelt hat.

Glasleuchterfamilie, Privatsammlung Ludweiler, Foto: die arge lola/regiofactum

Nicht wenige Glasmacher kamen aus den Glasmacherzentren Italiens, Böhmens oder aus anderen Teilen Europas, um hier zu bleiben, sich weiterzuentwickeln und gegebenenfalls weiterzuwandern.

Durant des siècles les savoir-faire humains ont permis de franchir les barrières des langues par des échanges qui mettent en valeur l’homme et ses dons. (…) Ces savoir-faire de l’humanité dans des berceaux comme la Grande Région sont modernes dans l’efficacité de leurs échanges … du développement durable avant la lettre. Cela constitue un vrai patrimoine vivant, original, qui demeure une leçon pour notre époque.  zit. nach Didier Repellin

L’art de la verrerie joue jusqu’à nos jours un rôle prépondérant dans la Grande Région europénne, bien que largement ignoré aux yeux de la politique et du public. Le succès continu que connaît cette industrie revient entre autres au contexte de la vie européenne des verriers.
En effet, au cours des siècles, les communautés de verriers ont été contraintes de faire face à des défis de nature politique, technique et sociale.

 

Panorama an der Maginot-Linie, deutsch-französische Grenze, Foto: Eva Mendgen

Immer wieder revolutionierten Neuerungen die Produktion, wie zum Beispiel die Entdeckung des Kristallglases Ende des 18., Anfang des 19. Jahrhunderts in Namur und in Saint-Louis-lès-Bitche (Münzthal) in der heutigen Commauté de communes du verre et du cristal (Région Grand Est), l‘Art Verrier von Émile Gallé oder zu Beginn des 20. Jahrhunderts die Entwicklung des Tafelziehverfahrens durch den belgischen Ingenieur und Unternehmer Émile Fourcault (version francaise cliquez ici), dessen Geburtstag sich 2022 zum 160. Mal jährt.

Chaque pièce fait partie d’une histoire complexe, qu’il s’agisse de petites séries de cristal artisanal, de pièces uniques et précieuses, telles que les vases d’ Émile Gallé, ou encore d’articles fabriqués par des machines et destinés à l’usage domestique. Autant de produits qui, de part leur succès, ont été et continuent en partie d’être exportés dans le monde.

Émile Gallé, Vase à la carpe : Vase mit Karpfen, 1878, Musée, Meisenthal, Foto: die arge lola/regiofactum, aktuell in der Ausstellung Rendez-vous mit den Nordvogesen, Historisches Museum Saarbrücken, bis 26. Februar 2023

Inspiré par un modèle d’une gravure sur bois japonaise, Émile Gallé, „verrier lorrain“ et un des plus grands artist-entrepreneur de son temps, fit fabriquer en série limitée le „vase à la carpe“ en 1878 dans la verrerie de Meisenthal (Musée du verre et du cristal, Meisenthal).

Nach einem japanischen Holzschnitt ließ Gallé, einer der wichtigsten Künstlerunternehmer des ausgehenden 19. und beginnenden 20. Jahrhunderts, die „Vase à la Carpe“ 1878 in der Glashütte von Meisenthal in Kleinserie anfertigen.
Gallé erweiterte nicht nur die Möglichkeiten der Glaskunst durch die Verknüpfung von Wissenschaft und Technik, er beschäftigte auch Glasmacher und Glaskünstler beiderseits der instabilen Grenzen zwischen Frankreich, Deutschland und Belgien.

Historisches Firmenschild, Foto: die arge lola/regiofactum

En alliant science et technique, Émile Gallé put ainsi non seulement élargir la gamme de produits verriers, mais surtout employer des verriers et artistes des deux côtés de la frontière franco-allemande.

Cette belle industrie, wie sie im 19. Jahrhundert genannt wurde, kann man nur im größeren Kontext der europäischen Kunst-, Kultur-, Technik- und Wirtschaftsgeschichte gerecht werden, mit all ihren nationalen, regionalen und  internationalen Verflechtungen.

Glaswaren, historischer Katalog für Paris, Rue de Paradis, Foto: die arge lola/regiofactum

Exemplarisch – und unter diesen Gesichtspunkten erst ansatzweise gewürdigt – ist der Künstlerunternehmer Gallé mit Sitz in Nancy, der im bon pays de Lorraine, zwischen Deutschland, Frankreich und Belgien mit seiner „Verrerie d’art“ nicht nur das Métier selbst revolutionierte, sondern auch seine kulturelle Bedeutung.
Sah die französische Avantgarde in Gallé den Patrioten, so fühlten sich die Deutschen dem Regionalisten Gallé verwandt. Dieser beherrschte die Grenzland-Dialektik wie wohl kein zweiter.

Kaum bekannt ist, dass das Modell Gallé ohne die über viele Generationen gewachsene, grenzübergreifende Infrastruktur kaum denkbar gewesen wäre (und das gilt für alle bahnbrechenden Entwicklungen hier). Er ist Teil jener Industriekultur, aus der nach dem II. Weltkrieg die Europäische Gemeinschaft für Kohle und Stahl hervorgegangen ist.

UNESCO-Welterbe Völklinger Hütte, in der Nähe der Fenner Glashütte, Foto: Norbert Mendgen

Um 1900 beschäftigten die Glashütten im deutsch-französisch-belgischen Grenzland zwischen 500 und 4000 Mitarbeiter, gefertigt wurde Kunst-, Luxus- und Gebrauchsglas vom künstlerischen Unikat zum Massenprodukt, geblasen, gepresst, gezogen, gegossen oder gewalzt, von Hand oder halbautomatisch hergestellt, in einer Vielfalt an Formen, Dekoren und Veredelungstechniken, von der wir heute nur noch träumen können.

Schale, Raspiller &Cie, Fenner Glashütte bei Saarbrücken, Station Louisenthal, 1881 / verrerie de Fenne, Privatsammlung Ludweiler, Foto: die arge lola/regiofactum

Über Generationen und nationale Grenzen hinweg versorgten die Glasmanufakturen im Grenzraum Millionen von Haushalten mit Gebrauchsglas, Nachbarn ebenso wie die Menschen weltweit.

Dépassant les conflits nationaux, l’industrie verrière de la Grande Région approvisionna des millions de ménages en verre d’usage. La verrerie de Fenne au Warndt près de la frontière franco-allemande à la Sarre a régulièrement changé de noms en raison de la succession des propriétaires et des changements de statut de l’entreprise, par ex. : Raspiller & Cie, VTF/Verrerie Trois Fontaine, Saarglas AG ...

So gesehen in Meisenthal vor 2007…

Die Geschichte der Glashütten drückt sich auch im Wechsel der Firmenbezeichnungen, der Besitzer, der Unternehmensformen und der – nicht selten durch „Geheimverträge“ geregelten –  Zusammenarbeit über die labilen Grenzen hinweg aus. Die 1936 stillgelegte Glashütte in Fenne z.B. geht auf Raspiller &Cie im 19. Jahrhundert zurück und zeichnete später dann als Vereinigte Fenner Glashütte und Glasfabrik Dreibrunnen, Hirsh und Hammel, VTF/Verrerie Trois Fontaine oder Saarglas AG… (hier mehr zur Geschichte / Produkten lesen).

Die Automatisierungs- und Konzentrationsprozesse des 20. Jahrhunderts haben einige wenige Manufakturen überlebt, darunter auch die Kristallerien in Baccarat und Saint Louis, wo Glasmachen eine Art „Mannschaftssport“ geblieben ist.

Meilleur ouvriers, Saint Louis-lès-Bitche, um 2013, Foto: Eva Mendgen

In der mindestens siebenköpfigen „Équipe“ arbeitet man unter den wachsamen Augen des Meisters („Chef de place“) beim Formen des dem Ofen entnommenen, glühend heißen Rohmaterials Hand in Hand. Die handwerkliche Qualifikation, das über viele Jahre entwickelte Gespür für das richtige „Timing“, „die ficelle vom Handwerk“ garantieren den reibungslosen Ablauf bei der Herstellung und sind die Voraussetzung für die angestrebte, immer gleiche Makellosigkeit der Glasobjekte.

In der Rue de Paradis in Paris, Nähe Gare du Nord / Gare de l’Est, unterhielten die großen Kristallerien bis weit ins 20. Jahrhundert hinein ihre Kontore, präsentierten und verkauften ihre Waren in Prachtbauten, die heute, z.T. frisch restauriert, einen anderen Zweck erfüllen.

Ancrés à l’échelle locale, les verriers se sont dès le départ orientés vers l’international, ce qui leur a permis de répondre avec succès à des mutations structurelles de différentes natures. Le verre est une production communautaire, le fruit d’une collaboration. Du moins, c’est ainsi que le définissent les Meilleurs ouvriers de ce métier, à savoir les ouvriers de cristalleries, successeurs des ‘gentilshommes verriers’ qui étaient les premiers à s’être installés dans la Région au 15e siècle.

Das Handwerk hat sich seit der Ansiedlung der „gentilshommes verriers“ im 15. Jahrhundert – damals eine Maßnahme feudaler Wirtschaftsförderung – kaum verändert. Man versteht sich als Teil eines größeren Ganzen, der „Manufaktur“, zu dem die zahlreichen Gebäude der Glashütte ebenso wie die Arbeitersiedlungen oder die Kirche gehören. Diese Sichtweise, die vor Ort die Älteren vertreten, lässt sich bei einem Besuch in den noch relativ intakten Glasmacherortschaften in Saint-Louis-lès-Bitche und in Baccarat nachvollziehen.
Hoffen wir, dass diese Preziosen endlich in ihrem Wert für die Gesellschaft, hier und anderswo – erkannt werden.

Schaubühne, Cristallerie Val Saint Lambert, Foto die arge lola / regiofactum 2011

In der Großregion befinden sich zahlreiche Glasmuseen, private und öffentlich zugängliche Glassammlungen, alte und neue, zum Beispiel in Liège, Seraing und Charleroi, in Nancy, Meisenthal, Saint-Louis-lès-Bitche und gleich „nebenan“ in Wingen-sur-Moder, aber auch in Trier, Speyer und Koblenz… Aber es nützt nichts, die Objekte alleine in den Mittelpunkt zu rücken und ihre Herkunft – dem Grenzland – zu ignorieren und umgekehrt in der Provinz mit Metropolen zu konkurrieren, die hier schonmal präsenter waren (im 19. Jahrhundert, als dort tatsächlich Dependencen eröffnet wurden und der Austausch ein lebendiger war).

In der Großregion werden auch heute noch Glasmacher ausgebildet, der Werkstoff ist Gegenstand wissenschaftlicher Forschung, wenn auch immer seltener.

Meisenthal, so gesehen 2006, die arge lola/regiofactum

Die einmalige Arbeitskultur, das „Génie du Travail“ (Yvette Sonntag), warten bis heute auf ihre Anerkennung.
Dasselbe gilt für die spezifische, europäische, „communauté culturelle“ der  Glasmachergemeinden und -gemeinschaften.

Weiterlesen, z.B.

◊Lebenswirklichkeiten und politische Konstruktionen in der Grenzregion (Hg. Christian Wille, Universität Luxemburg), 2015
◊Es ist ein unendlich Kreuz, Glas zu machen. Glashüttenarbeiter in der Fotografie: Helden?, Katalog zur Ausstellung im LWL-Industriemuseum Glashütte Gernheim, Essen 2010
Touché, Arbeiten mit Glas in Meisenthal, HBKsaar (Hg.), Saarbrücken 2001

◊Glas und Ton für Kunst und Lohn, Heimatkundlicher Verein Gersweiler, Saarbrücken 2001
◊Reflexionen: Drei Jahre Glaswerkstatt Meisenthal, (Hrsg. Francois Burkhardt / HBKsaar), Ausstellungskatalog Regionalgeschichtliches Museum Saarbrücken
Stätten des Glases und des Kristalls in der Großregion in: interaktiver GR-Atlas der Universität Luxemburg (La production en verre et cristal)
Eckstein, Journal für Geschichte Nr.11, Saarbrücken 2005, S.26 – 47
◊Meisenthal – eine Kunstglashütte, in: Reflexionen: Drei Jahre Glaswerkstatt Meisenthal, Hrsg. HBKsaar, Ausstellungskatalog Regionalgeschichtliches Museum Saarbrücken, 1996

Kronleuchter im MuséeLa Grande Place, Saint Louis-lès-Bitche, Foto aus der Serie Glas und Kristall in der Großregion, arge lola / regiofactum

… construire quelque chose de bon, trotz allen Schwierigkeiten

Vorab, Anm. der Redaktion

Wenn etwas untrennbar mit den Ursprüngen, der Geschichte der EU verbunden ist, dann das Saarbrücker Botschaftsgebäude (1950-1955).
Seine Rezeption zeigt, was es bedeutet, mitten in Europa zu leben – und gleichzeitig am Rand des Eigenen, am Rand des Anderen.
Nicht von ungefähr schrieb Martin Graff, Vagabond des frontières, das Saarland sei le Bermudadreieck des relations franco-allemandes

Univers SaarMoselle, Claude Wall

Überall in der Welt sind es Orte, die vor dem inneren Auge auftauchen, wenn von historischen Ereignissen die Rede ist, nur hier nicht. Das muß sich ändern.

In diesem Sinne argumentiert auch Marie Greget für den Erhalt und die Inwertsetzung der Anlage. Sie vertritt die Sicht der Architekturstudentin und der Europäerin, touchée par les questions toujours plus actuelles et malheureusement viciées sur l’identité et la nationalité.

Groß/Grande Region, Grafik Thomas Ultes

Maries Überlegungen gehen auf ein Atelier (Workshop) der École nationale supérieure d’Architecture Nancy zurück, das wir in Saarbrücken in situ gehalten haben, um das Gebäude und seine Ausstattung zu dokumentieren. Obwohl schon 2013/2014 zu Papier gebracht, sind Maries Zeilen aktueller denn je.

Ich habe sie durch einige Beobachtungen von Matthias Bruhn ergänzt, die pünktlich zum Europa-Tag am 9. Mai 2022 bei mir eingetroffen sind.

Vielen Dank /un grand merci für eure Mühe!

Eva Mendgen

Marie, tu as la parole…

…De l’autre côté du fleuve défiguré se trouve l’ancienne ambassade de France, dessinée après une période de guerre qui laissa l’Allemagne humiliée et désunie. Le bâtiment de Georges-Henri Pingusson – Architectes associés – Architektengemeinschaft Pingusson-Schultheis-Baur – a subi de plein fouet les conséquences de la construction de l’autoroute. Alors qu’il fonctionnait comme un élément qui s’ouvrait et se refermait, il ne fonctionne désormais plus que sur lui-même, refermé par d’autres barrières (l’autoroute, les grilles et murs enclosant les cours). L’ambassade devait au contraire s’ouvrir sur les berges du fleuve.

 

Pingusson, gezeichnet nach einer historischen Fotovorlage von Alain Poncelet 2021

…Auf der anderen Seite des entstellten Flusses befindet sich die ehemalige Botschaft, die nach einem Krieg entworfen wurde, der Deutschland erniedrigt und entzweit zurück gelassen hat. Das Gebäude von Georges-Henri Pingusson – Architektengemeinschaft Pingusson-Schultheis-Baur – war den Konsequenzen, die der Bau der Autobahn nach 1960 mit sich brachte, mit voller Wucht ausgesetzt. Bis dahin funktionierte es wie ein Element, das sich gleichzeitig öffnet und schließt. Aber jetzt kann es, abgeriegelt wie es ist, seine Wirkung nicht mehr entfalten.


Matthias Bruhn: „…Saarbrücken wird nicht nur durch den namensgebenden Fluss, sondern auch durch eine Stadtautobahn geteilt, die den Traum einer autogerechten Stadt, die zügig durchfahren werden will, dauerhaft in Asphalt gegossen hat. Wer auf dieser Strecke von Westen her kommt, kann auf Höhe des Stadtzentrums hinter einigen niedrigen Bäumen einen weißen Block erkennen, der sich wie eine Wand von der Straße abzuwenden scheint…“

 

Bürogebäude mit später hinzugekommenem Autobahnzubringer (Westspangenbrücke), Zustand 2013, Foto: die arge lola / regiofactum

 

Das schlanke Bürohochhaus „dient“ heute als „Lärmschutzmauer“, die abgeschnittenen Eingänge signalisieren Verschlossenheit.

Le haut et fin bâtiment de bureau sert aujourd’hui de „mur antibruit“, les accès renvoient aux Sarrebruckois une image d’une institution renfermée, qui ne veut pas d’eux.

 

Blick vom Ehrenhof auf die Autobahn, Studentenworkshop 2014

Le fait que l’ancien ministère soit en ce moment abandonné à son sort (et aux graffitis) parle de lui-même. En plus de l’abandon d’un bâtiment aux qualités architecturales certaines, c’est aussi l’abandon d’un symbole de notre histoire européenne qui me désole.

Die Tatsache, dass das Gebäude seit dem Auszug des Ministeriums leer steht und seinem Schicksal – u.a. den Graffitis – überlassen wird, spricht für sich. Über den Verzicht auf dieses Denkmal mit seinen unbestreitbaren architektonischen Qualitäten bin ich ebenso untröstlich wie über den Verzicht auf ein Symbol unserer europäischen Geschichte.

Matthias Bruhn: „Es ist nicht dem Gebäude anzulasten, dass ihm die zukunftsfrohe Ausrichtung nach Süden und Richtung Frankreich genommen wurde. Als das Saarland nach dem Zweiten Weltkrieg unter französischer Verwaltung stand und in Richtung Süden weiterentwickelt werden sollte, hätte es den Ausgangspunkt einer neuen europäischen Einigung markieren können. Offensichtlich aber wurde der Bau einer großzügigen Botschaft als Versuch aufgefasst, ein durch Frankreich anerkanntes Territorium zu definieren, und daher nicht als Forum einer Südstadt weiterentwickelt, sondern per Autobahnbau abgeschottet…“

 

 

Ehrenhof/Cour d’honneur, Zustand 2021, Foto: die arge lola / regiofactum

Originaire de Strasbourg, je vis dans une région où la frontière est en permanence dans l’actualité économique, politique, mais que nous portons d’abord en nous-mêmes : dans nos voix, dans nos paysages, dans nos assiettes – dans notre culture.

Ich komme aus Straßburg, lebe in einer Region, wo die Grenze fester Bestandteil der Wirtschaft, der Politik ist. Wir tragen sie in uns selbst, sie kehrt im Klang unserer Sprache wieder, in unseren Landschaften, in unseren Speisen – sie gehört zu unserer Kultur.

Cette histoire franco-allemande n’est pas un poids facile à porter pour tous :
ma grand-mère a vécu son enfance pendant la guerre, et reste marquée à jamais par l’occupation allemande, par l’interdiction de parler français et alsacien, par l’enrôlement forcé – mais heureusement bref – de celui qui serait mon grand-père.

Höckerlinie, Westwall, am 8. Mai von Alexander Dony im Niemandsland zwischen Saarbrücken und den Hauteurs de Spicheren fotografiert. Merci!

Diese deutsch-französische Geschichte ist kein leichtes Erbe:
Meine Großmutter hat ihre Kindheit in den Kriegsjahren verbracht, sie ist für immer von der deutschen Besatzung gezeichnet, vom Verbot sowohl Französisch als auch Elsässisch zu sprechen und natürlich auch von der Zwangsrekrutierung des Mannes, der später mein Großvater werden sollte.

Goethe-Denkmal, Universität Straßburg (Neustadt)

Mon enthousiasme au retour de mon année Erasmus à Hambourg a été étrangement vécu par ma grand-mère et même ma mère – notamment mon envie d’y retourner. Cependant, j’ai eu la chance de vivre mon enfance dans une capitale européenne, où une simple passerelle permet de choisir de changer de pays pour aller pique-niquer au parc, où toutes les classes scolaires vont visiter le Parlement Européen, où les aménagements effectuée par les Prussiens entre 1871 et la Première Guerre Mondiale ont considérablement amélioré la qualité de vie et le prestige de Strasbourg.

Strasbourg est française et incroyablement germanophile.

Meine Begeisterung nach meinem Erasmus-Jahr in Hamburg hat bei meiner Großmutter und sogar meiner Mutter seltsame Ängste hervorgerufen – ganz besonders mein Wunsch, dorthin zurückzukehren. Ich habe das Glück gehabt, meine Kindheit in einer der Hauptstädte Europas zu verbringen, wo man einfach eine Brücke überquert, um dann im anderen Land ein Picknick im Park zu machen und wo alle Schulklassen das Europa-Parlament besuchen und wo schließlich die städtebaulichen Pläne der Preussen nach der Annexion 1871 bis zum Ersten Weltkrieg die Lebensqualität und das Ansehen von Straßburg beträchtlich verbessert haben.

Straßburg ist französisch und gleichzeitig unglaublich germanophil.

Je fais partie d’une catégorie de jeunes qui a le sentiment profond d’être Européenne en tant que nationalité, et d’avoir droit à l’Europe en tant que trésor de culture et d’opportunités de rencontres, de travail, c’est-à-dire de futur.

Ich gehöre zu einer Gruppe von jungen Menschen, für die ihre Nationalität und die tiefe Verbundenheit mit Europa zusammengehören. Für uns ist Europa wie eine Schatztruhe, wir haben das Recht, die Kultur gemeinsam zu erleben, wir haben Gelegenheiten zum persönlichen Austausch und können überall arbeiten. Kurz gesagt, Europa bedeutet für uns, Zukunft zu haben.

Zimmer das Botschafters mit Blick auf den Park, Zustand 2013. Foto: die arge lola / regiofactum

Le potentiel de ce bâtiment me paraît, à moi jeune étudiante en architecture germanophile, un symbole immense de notre histoire commune et de notre capacité à surpasser le mauvais (la guerre, la douleur, l’humiliation, la rivalité) pour construire quelque chose de bon, malgré toutes nos difficultés.

Das Saarbrücker Botschaftsgebäude erscheint mir, der jungen germanophilen Architekturstudentin, als ein unglaublich wichtiges Symbol unserer gemeinsamen Geschichte, das an unsere Fähigkeit erinnert, das Schreckliche zu überwinden – den Krieg, den Schmerz, die Erniedrigung, die Rivalität -, um etwas Gutes zusammen zu machen, trotz aller Probleme.

Reception, Zustand 2013, Foto: die arge lola / regiofactum

Beaucoup de personnes, jeunes comme moins jeunes, perdent toute confiance en l’Union Européenne.
Comment ne pas le comprendre lorsque l’on habite, par exemple, au milieu de la France, sans opportunité ou envie de voyager hors des frontières ?

Viele Menschen, junge und weniger junge, verlieren das Vertrauen in die Europäische Union. Aber wie kann man sie nicht verstehen, wenn sie, zum Beispiel mitten in Frankreich leben, ohne Gelegenheit und Lust zu reisen und Grenzen zu überqueren?

Si Saarbrücken et le Saarland refusent de considérer le potentiel symbolique, urbain et social de l’ancienne ambassade de France de Pingusson et ses associés sarrois, alors c’est aux individus qui y croient encore d’ouvrir les yeux des habitants, des touristes, des passants sur cet élément de leur ville.

Leuchter, Eingangshalle, Zustand 2013, Foto: die arge lola / regiofactum

Wenn Saarbrücken und das Saarland nicht begreifen, was für ein Potential – als Symbol für Europa, aber auch für Städtebau und Kultur – in dem als Botschaft geplanten Gebäude von Pingusson und der französisisch-saarländischen Architektengemeinsschaft schlummert, dann ist es am Einzelnen, daran zu glauben und den Einwohnern, Touristen und Passanten die Augen zu öffnen.

Matthias Bruhn: „…Während heute in einer Stadt wie Straßburg ein europäisches Parlament tagt und ein zweisprachiger Fernsehsender europaweit ausstrahlt, hat sich Saarbrücken in der weiteren Folge wieder hinter die Saar zurückgezogen. Politikerinnen können derzeit auch die Frage stellen, ob es das Saarland als Einheit überhaupt noch braucht. Es wäre daher kein gutes Zeichen, wenn der leere Bau, der eigentlich eine neue Brücke über Landesgrenzen hinweg schlagen sollte, heute wie ein Berliner Grenzturm wirkt, dem die Mauer abhanden gekommen ist. Denn langfristig war die Durchlässigkeit der deutsch-französischen Grenze mit ihm schon angelegt…“

Si cette initiative devient un vrai projet citoyen et franco-allemand, alors l’Union Européenne marquera une petite et décisive victoire sur le marasme dans lequel elle baigne, et la ville de Saarbrücken un grand symbole d’identité, positive et assumée, dans son paysage urbain et citoyen.

Wenn daraus dann noch ein echtes deutsch-französisches Bürgerprojekt hervorgehen sollte, würde die Europäische Union einen kleinen, aber entscheidenen Sieg über die Gleichgültigkeit, in der sie sich badet, erzielen – und die Stadt Saarbrücken ein großartiges Symbol für ihre Stadtlandschaft und Gesellschaft gewinnen.

Es lebe Europa !

Vive l’Europe !

Marie Greget, 2014 / Mai 2022

 

 

 

 

Rêverie

Bilder kommen und gehen
wie das Licht und der Schatten,
die Jahreszeiten.

Dort, wo sich das Gestern und der Morgen treffen,
schweift der Blick zum Horizont.
Ins Grün, Grau, Blau
zum Himmelszelt.

Schwarzenbergturm, Saarbrücken, SaarMoselle-Panorama, Foto: die arge lola/regiofactum

Ich lebe zwischen Saarbrücken und Sarrebruck,
Saar et Mosel(l)e, rive gauche du Rhin,
arbeite auf, mit und über Grenzen,
dort, wo die Landschaft über sich selbst hinauswächst,
in Träumerei übergeht,
das Hüben und das Drüben,
Licht und Schatten, Nähe und Ferne
Bild und Rahmen manchmal dasselbe sind.

…Débout, Homme! Sache apprécier cette villégiature, qui consiste à changer une fois de point de vue comme on change d’air, et te voir transporté dans un univers où l’art t’aide à te défaire de l’enveloppe, à t’imaginer, certains instants, être Dieu.

Paul Klee, Zwischenreich, Zitat übertragen von Alain Lance und Renate Lance-Otterbein

Chateau de Courcelles, Montigny, Place Stanislas, Foto: die arge lola/regiofactum

 

Schritt für Schritt entstehen meine Karte,
Inseln der Imagination au centre de l’Europe…

…In dieser fernen Region lassen sich Gedächtnis und Einbildungskraft nicht trennen. Das eine wie das andere arbeiten an ihrer gegenseitigen Vertiefung. Das eine wie das andere errichten in der Ordnung der Werte eine Gemeinschaft der Erinnerung und der Bilder.

Gaston Bachelard, La poétique de l’espace, übertragen von Kurt Leonhard…

Ill.: Alain Poncelet, Waterloo

Auf meinem Schreibtisch stapeln sich die Bücher,
kleine, große, schmale, umfassende, schlichte, aufwändige
Wörter, Sätze fixiert auf weißem Papier,
in verschiedenen Schriften und Sprachen,
gebändigt vom Rechteck der Blätter,

Glück des Über-Setzens,
entrevoir ce que personne ne voit.

 

Ill.: Alain Poncelet

Passer une rivière, suivre la suite d’un chemin,
franchir une barrière suspendue au temps,
ne pas oublier d’adopter une âme d’explorateur.
Et découvrir enfin ce pays que l’on croyait connaître.

Chantal Ernst, Carnets de voyage

Am Tag verzaubert das Licht
das Drinnen von draußen her,
in der Nacht ist es umgekehrt.
Das Glas zeichnet eigene Wege,
das Fenster den Rahmen,

Leuchtende Bilder,

Brücken zwischen Zeit und Raum,
ohne Anfang, ohne Ende.
Selbst das Leben ist an einer Grenze entstanden…

Hauteurs de Spicheren/Spicherer Höhen, Foto: die arge lola/regiofactum

Neuland wird sichtbar, wenn die Oberflächen an Tiefe,
der Gegenstand der Betrachtung an Schärfe gewinnt,
aus dem Sehen Verstehen, sich ungeahnte Kunstlandschaften
abzeichnen

Schönheit entsteht, zeitlos.

Cette attention portée aux choses, à l’histoire de leur présence,
suppose un regard sensible mais aussi une méthode.

Joseph Abram, Laudatio…

Gedanken nehmen vielerlei Gestalt an,
korrespondieren in Briefen, Büchern, Ausstellungen
oder einem Blog.
Sie werden zu Botschaften
au miroir de la France et de l’Allemagne.

Mitten in Europa.

Place Stanislas, Nancy, Foto: die arge lola/regiofactum

…Ce vaste territoire mouvementé déchiqueté
qui git comme un socle unitaire invisible
sous la diversité de nos paysages industriels ou naturels
pétris par le labeur des hommes, façonnés
par leurs guerres et par leurs religions…

Joseph Abram, Laudatio …

 

Uff de Mitt, Foto: die arge lola / regiofactum

Ich lese, notiere, sortiere, gliedere,
suche, finde, überprüfe,
füge zusammen, verwerfe, träume,
konstruiere, dekonstruiere,
denke nach, überschreibe,
fange von vorne an,
jedes Detail zählt.

Outils de transformation…

Cristal, Kristallglas, Saint Louis-lès-Bitche / Münzthal, Foto: die arge lola / regiofactum

...La Sarre est le Bermudadreieck des relations franco-allemandes.
Une planète, die sich sur elle-même dreht.

Martin Graff, Im Reich der Mitte

Wenn der Rand in die Mitte rückt,
mischen sich die Sprachen und die Bilder,
schärft sich der Blick, zeitlos…

Woher kommen wir?
Was sind wir?
Wohin gehen wir?

…Accroche tes racines au ciel
und klettere auf die Sterne
Tu découvriras enfin,
au-delà des frontières d’autres pays d’autres Cœurs
Erst dann  blickst du über die Grenzen
Ins eigene Land, ins eigene Herz…

Martin Graff

Ich laufe einmal quer durch die Vergangenheit
und zurück

… aller-retour …

Alles bleibt gleich und ist doch ganz anders.

Eva Mendgen, Sa(a)r(r)ebrück(en), im Mai 2022

 

Danke, Merci, Thank you!

Ich freue mich, immer wieder andere Ansichten aus dem „Reich der Mitte au centre de l’Europe“ auf dieser Website zeigen zu können. Die schönsten verdanke ich Kai Loges und Andreas Langen (die arge lola). Sie sind auf zahllosen gemeinsamen Fahrten entstanden. Manche Orte sind mittlerweile verschwunden.

Mit der Hilfe von Felix Geiger, dem Übersetzer zwischen Schreibtisch und Desktop, Fenster und Window, Home und Page, Site und Space, wird der schrittweise Umbau der Website zu einem kleinen Kunst-Planeten im www möglich.

Inspiriert wurde dieser Text von Joseph Abram und Martin Graff, ihrer Laudatio anlässlich der Verleihung des Ordre Des Arts Et Des Lettres 2019 in Saarbrücken.

Renate Nahum hat die erste Version dieses Textes ins Englische übertragen: View from the Window: Den eigenen Text in mit anderen Augen zu lesen, ist Gedankenschmuggel pur.

 

In memoriam Martin Graff.

 

 

On to new shores : Le travail d’un traducteur

D’une rive à l’autre. The work of a translator.
An Essay by Noreen Adolf translated/traduit par by Renate Nahum : Alexander Dony

„Translation is not a matter of words only: it is a matter of making intelligible a whole culture is how the British writer Anthony Burgess once summed it up.

When I am asked what the difficulty in translating for me in general is, my answer always refers in some way to this statement. Syntax, morphology, vocabulary, etc. can be learned very quickly. The inventory of a language is like a tool or instrument kit. It is a means and vehicle for conveying information in any language. But the translator’s work – incidentally like that of any other craftsman – begins with an overview. Which linguistic means are used in the original text? What style does a text exhibit? Where does the text assume a linguistically not communicated cultural knowledge that cannot be assumed from a reader from another cultural background? The translator must now try to convey all associations and feelings, which the original text evokes effortlessly in the original text readership on a non-linguistic level, to the new target language. At this point, however, it also becomes clear that it is not enough to be very familiar with the culture of the source language, but also to a considerable extent in your own. The translator builds the bridge between two worlds. He is the ferryman who takes the reader to the opposite bank.

Or to put it another way: translation functions as an epithany of cultures.♣

Autrement dit: traduire, c’est changer de rive, connecter des rives.♣

« Dans la traduction il ne s’agit pas seulement des mots, sinon de faire comprendre une culture entière » ainsi le précisait une fois l’auteur britannique Anthony Burgess.

Si quelqu’un me demande, quelles sont pour moi les difficultés dans la traduction, je me réfère toujours à la déclaration suivante : L’apprentissage de la syntaxe, de la morphologie, du vocabulaire etc., se fait très vite. L’inventaire d’une langue est comme une boîte à outils ou un boîtier. Il est moyen et dispositif pour transmettre des informations dans une langue quelconque. Tout à fait comme des artisans, le travail du traducteur commence avec une vue d’ensemble. Quelles sont les dispositifs linguistiques utilisés dans le texte original ? Quel est le trait montré dans le texte ? Où le texte exige-t-il des connaissances culturelles non communiqués qui ne peuvent pas être sous-entendues d’un lecteur d’une culture différente ? La tâche du traducteur est ensuite d’essayer de sauver tous les connotations et émotions à la langue cible que le texte original évoque sans problème chez le lectorat original au niveau non-linguistique. Ainsi il est bien clair qu’il ne suffit pas d’avoir une bonne connaissance de la langue source, sinon en même temps dans un niveau considérable de sa propre langue. Le traducteur jette un pont entre deux mondes. Il est le canotier que fait passer le lecteur sur l’autre rive. Autrement dit : traduire c’est changer de rive, mais surtout, connecter les rives.

A few short lines should be noted specifically for translating from Japanese, to which Burgess‘ statement perhaps applies to a particularly large extent. A lack of declination and limited conjugation, omitted personal pronouns, many functional verbs but rather few full verbs, etc. mean that Japanese may initially appear to be very vague or open to interpretation compared to other languages. But don’t be fooled! The gaps left by the unwritten are filled by the underlying cultural context. The translator, however, has no choice. He has to fill in these gaps with suitable words. Of course, this is not always easy and sometimes I sit at my desk for days to find the one solution for a passage. On the other hand, that’s exactly what gives me such joy in translating over and over again …

Je me permets quelques lignes spécialement sur les traductions du Japonais où s’applique peut-être plus particulièrement la phrase de Burgess. Un manque de déclinaison, une conjugaison restreinte, des pronoms personnels insignifiants, beaucoup de verbes fonctionnels, mais peu de verbes principaux laissent croire que le Japonais en comparaison avec d’autres langues semble à première vue très peu concrète ou bien très ouvert à l’interprétation. Pourtant il ne faut pas s’en laisser conter. Les lacunes du non-écrit sont rempli par le contexte culturelle en dessous. Le traducteur n’a en effet pas le choix. Il doit structurer ses lacunes avec des mots appropriés. Certes, ce n’est pas toujours facile et parfois je passe des journées à mon bureau pour trouver la solution pour une passage. Par contre, c’est exactement cela qui à chaque fois me renouvelle le grand plaisir quand je fais des traductions.

translated by Renate (EN) + Alexander (F)

♣Oder anders ausgedrückt: Übersetzen ist Übersetzen …  the direct translation of that subtle phrase  would be „translation is translation“ and doesn’t make any sense, because it is a pun and in other words a complex process, which Martin Graff describes as „Gedankenschmuggel“: a good translator is not only a ferry(wo)man, but also a kind of smuggler / passeur of ideas, habits, culture…

Fotos: Eva Mendgen, Saar river / la Sarre entre/ between l’Allemagne et la France (Lorraine/Grand Est)

Grimpe sur les étoiles, huck dich uf d’Sterne

Liebe Valérie,

jetzt bist du Preisträgerin des grenzüberschreitenden Kunstprojektes des Regionalverbandes Saarbrücken: „Grenze / Frontière 2021“ – und mit dir das stille Zwiegespräch, das ich für dich während der Pandemie geschrieben habe.

Spontan fiel mir das Gedicht „Die Luftwurzel“ von Martin Graff ein.

Alphonse Walter, ein Grenzmensch wie Martin, hat sich die Mühe gemacht, die Zeilen über das, was dazwischen passiert, in sein Platt zu übersetzen:

Häng dinni Wurzle aon d’ Himmel

Un huck dich uf d’Sterne

Naot erescht g’sisch iwer d’Grenze

Ins aondere Laond, ins aondere Herz

Jetz kaonnsch endlich hinter d‘ Grenze

Betrachte dinn eijenes Laond, dinn eijenes Herz

Originaler Text:

Accroche tes racines au ciel / Et grimpe sur les étoiles
Hänge deine Wurzeln an die Luft / Und klettere auf die Sterne  (…)

Tu découvriras enfin, au-delà des frontières / D’autres pays d’autres cœurs
Erst dann blickst du über die Grenzen / Ins andere Land, ins andere Herz,

Tu découvriras enfin, au-delà des frontières / Ton propre pays, ton propre cœur
Erst dann  blickst du über die Grenzen / Ins eigene Land, ins eigene Herz.

Mehr über Valérie findet ihr hier:

www.valeriehendrich.com

Preisverleihung im Saarbrücker Schloß, Fotografie: Eva Mendgen

 

Die Grenze, La frontière

Souvenirs

Être d’ici et d’ailleurs (ou là-bas ?), qu’est-ce que cela signifie ? Par exemple  être allemand et français en même temps? indissociable  car, ici en Grande  Région,  nous appartenons aux deux cultures. C’est ce que Martin Graff nous a toujours montré en présentant les deux pays avec toutes ses facettes, même les moins flatteuses et toujours avec tendresse et amour.

Association Vies à Vies
(„les pétroleuses franco-allemandes“, wie Martin sie einmal genannt hat…)

Und für euch alle exklusiv die bislang unveröffentlichte, ungekürzte Version des Beitrags von Martin für das Buch
Au centre de l’Europe. Im Reich der Mitte² (2013):

Die Grenze, von Martin Graff

Ich bin auf einer Grenze geboren, in Stosswihr, Münstertal, heute Frankreich, gestern Deutschland. Das Vogesendorf war während des Zweiten Weltkrieges Kampfgebiet. Eine deutsche Postkarte, im Krieg hergestellt, teilt das Dorf in zwei : Stossweier-Deutschland / Stosswihr-Frankreich. Der väterliche Bauernhof lag in Frankreich, der mütterliche in  Deutschland.

Besteht daher meine Faszination für das Wort Grenze ?

Ich freue mich natürlich, dass die Grenze zwischen Frankreich und Deutschland Vergangenheit ist. Zöllner arbeiten heute als Gärtner. Zoll- und Polizeigebäude wurden als Restaurants umfunktioniert. Ich wiederhole diese Parabel oft im Balkan, wenn mir kroatische und serbische Jungendliche zuhören : « Ihr baut Restaurants in Zoll- und Polizeistationen um : Unfug ». Sie lachen verschämt und besuchen in Vukovar an der Donau (Kroatien) weiterhin nur kroatische oder serbische Cafés.

Deutsche sind schneller im Grenzabbau. Franzosen zögern. In Straßburg verschwanden die Zoll- und Polizeistationen nur durch Zufall. Die Autonomen fackelten sie während des Nato-Gipfels 2008 ab. Damals verteufelte man die Protestler. Heute freuen sich alle über die elegante Gartenanlage am Rhein zwischen Frankreich und Deutschland.

In Lauterbourg-Dorf ist die alte Grenze schwer zu erkennen. An der Autobahn allerdings steht « das hässlichste Grenzgebäude zwischen Nizza und Brüssel », bestätigt mir Anna, die die alten Grenzübergänge im Auftrag der EU fotographiert.

Zwischen Saarbrücken und dem Ozean sieht es besser aus, bei Eupen lebt sogar eine Psychoanalytikerin im ehemaligen Zollhaus.

Die Politiker von hüben und drüben freuen sich immer wieder über die neueste Entwicklung. Es entstehen Euroregionen, Metropolregionen, Eurodistrikte, die Deutschen und Franzosen das Leben erleichtern sollen.

Die Europaeuphorie der Politiker kommt leider nicht immer beim Bürger an, weil die Grenze psychologisiert wurde.

*

In der Tat muss man den Begriff cooler anpacken, vielleicht ganz einfach mit der Bibel, dem ersten Buch Mose, Kapitel 1:

Verse 4 und 5: „Gott trennte das Licht von der Dunkelheit

und nannte das Licht Tag, die Dunkelheit Nacht…“

Vers 7: „Gott machte ein Gewölbe und trennte das Wasser über dem Gewölbe von dem Wasser, das die Erde bedeckte…“

Vers 14: „…Am Himmel sollen Lichter entstehen, die Tag und Nacht voneinander trennen…“

Der Kosmos entstand also durch Trennung, laut Bibel, Kapitel 2, sind auch die Menschen – Adam und Eva – gleich von Grenzen getroffen: „Du darfst nur nicht von dem Baum essen, dessen Früchte Wissen geben. Sonst muss Du sterben…“ Die weitere Geschichte ist bekannt, wir sind sterblich.

*

Die Globalisierung soll aus uns Weltbürger machen. Die Fußballspieler springen im  Fußballalltag hemmungslos über die nationalen Grenzen. Aber ausgerechnet bei internationalen Treffen wie WM oder EM werden sie verpflichtet, mit der nationalen Fahne im Kopf zu spielen.

Özil, deutscher Staatsbürger, wird beim Spiel gegen die türkische Nationalmannschaft daran erinnert, dass er, obwohl in Gelsenkirchen geboren, von türkischen Eltern in die Welt gesetzt wurde. Als er ein Tor schiesst, kann er sich nicht freuen. Er schämt  sich. Das türkische Publikum pfeift ihn aus.

Ist die Grenze nicht konstitutiv unseres Daseins? In Wirklichkeit gab es in der Welt noch nie so viele neue Grenzen. Regis Debray und und Michel Melot widmen im hochkarätigen Magazin Medium 500 Seiten den „Grenzen“. „Du biblique au numérique, il est bon de rappeler que la Genèse fait de la création du monde une séquence de séparations primordiales et de démarcations entre les éléments.“ Wir haben uns nicht abgesprochen.

Regis Debray veröffentlichte  2011 ein Buch : Eloge des frontières: was sofort von Nicolas Sarkozy missbraucht wurde, um die Wähler der rechtextremistischen Partei von der Familie Le Pen an seiner Partei  UMP anzudocken. Bekanntlich misslang ihm der Versuch. Der Sozialist  François Hollande gewann die Präsidentenwahl am 6 Mai 2012. « Le mur interdit le passage, la frontière le régule », man kann kaum wiedersprechen, aber auch Debray packt die Grenze am falschen Ort an: an der Frage der Territorien und nur dort.

*

Wir brauchen Umberto Eco, um weiter zu kommen, auch zwischen Frankreich und Deutschland, Saarland und Lothringen, Pfalz und Elsass,  Baden und Elsass.

In  Schüsse mit Empfangsbescheinigung schreibt der italienische Sprachakrobat : « Erasmus würde sich nicht nur intellektuell, sondern auch sexuell oder, wenn man so will, genetisch auszahlen. Ich habe viele Studierende kennengelernt, die nach einer gewissen Zeit im Ausland dort geheiratet haben. Wenn dieser Trend sich verstärkt und immer mehr zweiprachige Kinder geboren werden, können wir in dreißig Jahren eine europäische Führungsschicht haben, deren Mitglieder in der Regel mindestens zweisprachig sind. Das wäre nicht wenig. »

Genauso ist es : « La langue est la clé de la culture », sagt Frédéric Mistral, Literaturnobelpreisträger aus der Provence ( 1904). Erst wenn die Sprachgrenze überwunden wird, ist der Friede gesichert. Dann werden auch die  wirtschaftlichen Grenzen effektiv behoben. Das heißt natürlich nicht, dass nur eine Sprache (Englisch) alle andere dominieren soll.

Im Gegenteil, wir müssen lernen, gegen die « Mörderischen Identitäten » zu kämpfen, mit « verschiedenen Zugehörigkeiten zu leben », wie der Franko-Libanese Amin Maalouf schreibt. Der Donaupoet Claudio Magris formuliert es so: « Wir müssen lernen zu denken mit der Mentalität verschiedener Völker. »  Und wir verstehen mit Herta Müller : « In jeder Sprache sitzen andere Augen ! »  Nur Sprachakrobaten sind echte Grenzgänger.

Thomas Mann wechselt die Sprache im Zauberberg, im Kapitel Walpurgisnacht, als Hans Castrop sich mit Clawdia Chauchat unterhält.

Genauso spielt er mit den Sprachen in Bekenntnisse des Hochstaplers Felix Krull.

Madame Houplet, alias Diane Philibert, aus Straßburg hat ein Verhältnis mit dem Liftjungen Armand (der Hochstapler)  in einem Pariser Hotel.

„Ab und hinweg, dass ich dich sehe, dass ich den Gott erblicke! Hilf rasch! Comment, à ce propos, quand l’heure nous appelle, n’êtes-vous pas encore prêt pour la chapelle? Déshabillez-vous vite! Je compte les instants! La parure de noce! So nenn‘ ich deine Götterglieder, die anzuschauen mich durstet, seit ich zuerst dich sah. Zu mir, zu mir…“

Auch Albert Schweitzer spielt mit den Sprachen:

In den Briefen an seine zukünftige Frau Hélène Bresslau springt Albert Schweitzer vom Französischen ins Deutsche und umgekehrt.

Strasbourg, mardi soir, 9 novembre 1909.

„ Ce sont des journées très agitées… Demain, ce sera mon tour de pratiquer à la Augenklinik. Il faut que je lise encore beaucoup ce soir pour de nouveau m’orienter. L’orgue du Sängerhaus avance. Mais il me cause encore des ennuis. Rapp hat ein falsches Mass für das Verhältnis von Pedal und Spieltisch angegeben. Ich muss den Fehler corrigieren so gut es geht. Er ist ein Strudelkopf. Quelle est la musique que je dois vous envoyer? Total vergessen! Weiß nur, dass es etwas von Schubert war.

Dimanche, c’était très beau; es war weihevoll wieder zu predigen und goldener Sonnenschein lag über der Welt und in meinem Herzen.

Je dois déjà penser à mon prochain sermon. Je vous baise la main, à vous AS.“

Erst mit dem Sprachwechsel schaffen wir den wahren Gedankenschmuggel, der die Kopfgrenzen sprengen mag.

Olivier, Studienrat aus Saarbrücken, Mutter Französin, Vater Deutscher, sagt : „Premièrement je suis de cœur français. Deuxièmement mon  âme est allemande. Troisièmement mon esprit est européen.“

„Accroche tes racines au ciel pour mieux voir la terre“, flüstert der Poet. „Erst dann blickst Du über die Grenzen, ins andere Land, ins andere Herz / Erst dann blickst Du über die Grenzen, ins eigene Land, ins eigene Herz!“